CHAPITRE 4: L’ACCOMPAGNEMENT DU CHANGEMENT

Publié le par DOUANLA DOUNGTIO Pauline

Il a été démontré dans les chapitres précédents que l’intégration des TIC dans le système éducatif camerounais  et les changements attendus se heurtaient à quelques difficultés. C’est pourquoi cet autre chapitre envisagera comment encadrer ce changement afin d’éviter ces obstacles ; car le changement est une situation  pouvant déstabiliser la vie professionnelle des enseignants (dans la mesure où il impose des ajustements tant dans les attitudes, le contenu que dans la méthode), il doit donc être géré. C’est ce qui ressort des allégations  de Louise Sauvé ; Alan Wright ; Céline St-Pierre : « Si la technologie est mal intégrée au contexte ou si elle n’est pas entièrement acceptée par les différents acteurs qui utilisent seulement le minimum de ses fonctionnalités, il s’avère souvent que les bénéfices diminuent et peuvent disparaître totalement ». Le succès des projets d’intégration des TIC n’est plus fonction de la puissance de ces technologies, mais de la capacité des formateurs à exploiter leurs potentialités en vue d’améliorer l’efficience du processus d’apprentissage. Il ne suffit pas seulement d’introduire les TIC, il faut également y associer des contenus de qualité et des méthodes pédagogiques efficaces. D’où la nécessité de soutenir ces futurs utilisateurs en leur apportant les formations adéquates. Le chapitre traite donc de la méthode d’accompagnement, de quelques domaines pouvant faire l’objet d’un accompagnement, et enfin par la proposition d’un plan de changement. Il se sectionne donc comme suit :

 

4.1. Définition. 41

4.2.  Démarche d’accompagnement du changement 41

4.3. Les domaines d’accompagnement du changement. 42

4.4. Proposition d’un plan de changement pour un établissement 44

 

 

 

 

 


4.1. Définition

L’accompagnement du changement dans le système éducatif est le processus qui vise à encadrer les acteurs du système éducatif afin de favoriser une rapide et excellente appropriation des TIC. Il s’agit donc d’apporter  un soutien, une assistance à tous ceux qui en manifestent le besoin, pour faciliter le processus d’intégration des TIC, ceci notamment dans le système éducatif camerounais.

Cet accompagnement peut consister en une assistance-conseil, une assistance-expertise, une assistance-formation, de tous les acteurs de la chaîne éducative. Il s’agit ainsi de mettre en place un cadre favorable à l’éclosion des TIC dans le système éducatif. Car un processus d’intégration non encadré ne saurait produire les résultats escomptés.

 

Il est ici question d’analyser  comment initier le changement dans un système tel qu’un établissement scolaire.

Il est important de relever que chaque établissement se situe à un niveau qui lui est propre  par rapport à l’intégration des TIC dans son système. C’est pourquoi, on ne doit pas adopter le même plan, la même stratégie de changement pour tous les établissements, mais les introduire en tenant compte de sa situation et des difficultés qu’il rencontre. Il en est de même pour les enseignants. Pendant que certains sont au niveau zéro, d’autres utilisent des applications très évoluées. Le plan de changement  ne saurait donc être identique pour tous les établissements, mais le socle de la démarche restant le même comme suit :

Analyser l’existant  c'est faire le point sur l’appréhension, le niveau d’appropriation en TIC de l’établissement qui envisage le changement à travers l’intégration des TIC.

Critiquer l’existant c'est faire ressortir les points qui pourraient être améliorés si on utilisait les TIC.

Réaliser le diagnostic  c'est présenter les points forts, les points faibles et les opportunités offertes par l’établissement en question.

Elaborer et choisir des solutions c'est, en fonction du diagnostic réalisé, proposer plusieurs solutions possibles et adopter celle qui doit être appliquée.

Mettre en œuvre c’est déployer toutes les mesures pour son succès et entamer véritablement le processus d’accompagnement du groupe choisi (voir les domaines d’accompagnement  ci dessous).

Suivre et ajuster c’est se donner des indicateurs d’évolution qui permettent de vérifier si tout se déroule normalement, sinon utiliser des stratégies palliatives pour ajuster et améliorer. Cette stratégie pourra être déployée non pas seulement pour l’accompagnement des enseignants, mais aussi pour plusieurs autres domaines. Tous les aspects ne pouvant être entamés au même moment, on doit alors choisir par lequel commencer.

 

Comme rapporté plus haut, une intégration réussie des TIC dans un système voudrait que tous les maillons de ce dernier soient impliqués et les utilisent effectivement pour accomplir leurs tâches. Ainsi, intégrer les TIC dans le système éducatif camerounais reviendrait à inclure tous ses acteurs dans le schéma directeur de l’accompagnement. C’est pourquoi, seront énumérés ici quelques axes pouvant faire l’objet d’un accompagnement et faciliter ainsi le changement.

 

L’adoption des politiques TIC incitatives

Sous d’autres cieux, les gouvernements ont adopté des stratégies pour accélérer l’intégration des TIC dans leurs établissements scolaires en distribuant par exemple des ordinateurs à tous les élèves d’une classe, en faisant des dons de salles entièrement équipées à des établissements etc.

Dans le contexte camerounais, l’Etat pourrait élaborer un plan de subvention auprès des établissements qui en feraient la demande et qui justifieraient d’une certaine crédibilité dans leur projet d’intégration des TIC, mais aussi, qui contribueraient au moins à hauteur de la moitié de toutes les dépenses à effectuer. Il pourrait également réduire les taxes à l’importation des ces outils ; signer des partenariats avec d’autres Etats pouvant apporter une aide à travers des dons de matériels  ou encore en amortissement de leurs coûts. Donc pour nous résumer, l’Etat devrait bénéficier de l’assistance (d’un accompagnement) d’experts en stratégies d’intégration des TIC pour élaborer ses plans d’intervention aux fins de propulser l’intégration des TIC dans le système éducatif camerounais.

 

Sensibilisation à grande échelle: les média

En vue de favoriser l’intégration des TIC dans l’éducation au Cameroun, de nombreuses campagnes médiatiques doivent être entreprises pour divulguer et promouvoir leur utilisation en classe. Ainsi, des campagnes d’information  répétitives pourraient avoir une influence sur les mentalités des populations car à force de parler et d’entendre parler des prouesses d’une chose, on finit par y croire.

 

 La formation :

des Planificateurs aux  nombreuses techniques de planification de sorte qu’on puisse avoir le choix ou que l’on applique une autre si celle choisie ne produit pas les résultats escomptés.

des Décideurs à utiliser et savoir décrypter des indicateurs afin de prendre les meilleures décisions.

des Encadreurs pédagogiques  à choisir et confectionner de meilleurs contenus et supports pédagogiques.

des Dirigeants à initier et conduire des projets d’intégration pédagogiques des TIC dans leurs établissements.

des Enseignants à la manipulation, à la maîtrise et à l’utilisation des outils technologiques en salle de classe.

des Elèves aux usages bénéfiques des TIC. C'est-à-dire comment les utiliser sans tendre vers la dérive et en tirer le maximum de profits. Au regard de ce qui précède, nous pouvons tenter de proposer un plan de changement.

 

 

 Le plan de changement ci-dessous proposé,  être considéré comme un canevas devant être présent dans l’esprit de celui qui veut initier le changement dans un système.

Avoir un objectif global de restructuration.

Adopter une approche systémique d’intégration (qui considère l’école comme un ensemble de sous systèmes inter reliés et inter dépendants) C’est -à -dire envisager une intégration  des TIC à tous les postes de travail d’un établissement et ne négliger aucun domaine.

Identifier à quelle étape d’appropriation des TIC se trouve l’établissement dans lequel le projet d’implantation est envisagé.

Procéder à une information, à une diffusion massive du projet d’intégration des TIC auprès des enseignants.

Insister sur le fait que la décision d’adhésion au changement doit être un choix personnel, une décision délibérée de chaque enseignant  convaincu de la pertinence et de la nécessité du changement.

Acquérir et installer les équipements en temps opportun.

Confectionner une fiche de progression des formations

Organiser les enseignants et planifier leur formation.

Prévoir une assistance permanente pour d’éventuelles difficultés.

Prévoir les phases de recyclage.

Evaluer à la fin de chaque année les avancées et les améliorations à apporter.

Au regard de toutes les difficultés d’intégration observées ci-dessus; il est impératif de concevoir une stratégie pouvant faciliter l’accompagnement du changement

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