CHAPITRE 5: CONCEPTION D’UNE STRATEGIE D’ACCOMPAGNEMENT DU CHANGEMENT : PLAN DE FORMATION DES ENSEIGNANTS
A la lumière des précédents chapitres, l’intégration des TIC dans le système éducatif est une mouvance suivie par tous. Elle est de ce fait devenue un impératif pour le système éducatif camerounais qui voit en cela une marque de modernité et d’évolution. Mais pour parvenir à une intégration réussie, de nombreux auteurs pensent que de grands efforts doivent être fournis pour espérer profiter des avantages que tous les changements occasionnés procurent. Ainsi, de nombreuses difficultés doivent au préalable être surmontées. Et l’une des méthodes pour surmonter ces difficultés c’est la formation et dans le cas précis, la formation des enseignants. Le découpage de ce chapitre est le suivant :
5.3. Former pour quels objectifs
5.4. Quelles formations pour les enseignants
Pour répondre à la question pourquoi former les enseignants, la justification vient du fait qu’une abondante littérature indexe l’ignorance et l’incompétence des enseignants comme freins majeurs à l’intégration des TIC dans l’enseignement. Ainsi, ils n’intègrent pas les TIC à leurs enseignements parce qu’ils ne le veulent pas, mais plutôt parce qu’ils ne savent n’en sont pas informés et donc ne savent pas les manipuler. Aussi, une assistance en termes de formation doit leur être proposée en vue de créer ou renforcer leurs compétences en matière d’usage des TIC dans la classe.
L’Unesco publie en (2008) que : « Les nouvelles technologies nécessitent de nouveaux rôles pour les enseignants, de nouvelles pédagogies, et de nouvelles approches de la formation des enseignants. L’intégration réussie des TIC dans une classe dépendra de la capacité des enseignants à structurer l’environnement d’apprentissage selon des manières non traditionnelles, de fusionner les nouvelles technologies avec de nouvelles pédagogies, de développer des classes participatives, d’encourager une interaction coopérative, l’apprentissage collaboratif, et le travail de groupe. Cela nécessite le développement d’autres compétences de gestion des classes. Les compétences clés pour le futur incluront la capacité de développer des façons innovantes d’utiliser la technologie pour améliorer l’environnement de l’apprentissage, et d’encourager l’alphabétisation technologique, l’approfondissement des connaissances et la création de savoir ».
Marcel Lebrun, (2004) constate que l’imagerie populaire conçoit le fait d’apprendre comme étant une tâche dévolue aux seuls étudiants (niveau micro). Or tout comme eux, les enseignants apprennent (niveau méso), les sociétés aussi (niveau macro). Cet apprentissage constant de ces différents acteurs dénote du souci d’une éducation de qualité. Suite à l’innovation qui s’impose, les méthodes traditionnelles d’enseignement et d’apprentissage doivent être revues afin de promouvoir l’innovation technologique. Ainsi, former les enseignants aux TIC, c’est d’abord leur donner un environnement favorable à l’apprentissage d’un usage réfléchi des TIC dans le cadre de leurs enseignements, c’est aussi les former pédagogiquement. La formation pédagogique des enseignants a pour but de rendre ces derniers plus armés à favoriser le développement des compétences requises chez les étudiants.
Pour que les enseignants apprennent, Il faut mettre en place des méthodes favorisant cet apprentissage : développer le sens critique, interagir, participer activement, construire la personnalité…qui sont les conditions d’un apprentissage en profondeur, de qualité. La description concerne les élèves mais est transposable aux enseignants qui sont également en situation d’apprentissage et devront donc à leur tour enseigner cela dans leurs classes.
A la lumière des travaux de nombreux auteurs comme mentionné plus haut, les enseignants n’éprouvent pas tous les mêmes difficultés par rapport à l’appropriation des TIC. C’est la raison pour laquelle leur encadrement ne saurait être identique . Ainsi, une éventuelle formation ne pourrait intervenir qu’à la suite d’une identification de ses difficultés.
Dans le cadre de ce travail et dans le but de faciliter et réussir le processus d’appropriation des TIC par les enseignants, il est préconisé d’avoir une stratégie de formation et de suivre un plan précis de formation.
S’agissant de la stratégie de formation, elle se divise en trois étapes :
La sensibilisation dont le but est d’apporter aux enseignants et autres acteurs du système éducatif, le maximum d’informations sur la nécessité et les opportunités de l’intégration des TIC ; de préparer les psychologies collectives et individuelles à accepter le changement.
La formation qui aura pour but de permettre aux acteurs du système éducatif (et dans le cas présent les enseignants), d’acquérir les connaissances nécessaires pour utiliser de manière experte, fréquente et continue les TIC pour accomplir leurs tâches.
Le recyclage « formation continue » dont l’objectif est de maintenir les personnes formées à un niveau technologiquement acceptable, et même de l’améliorer en les adaptant aux évolutions.
Une fois la stratégie de formation établie, la formation doit être déployée selon un certain plan. Le plan en question est inspiré des difficultés éprouvées par les enseignants et catégorisés par Danvoye, (2002 ; 2001 ; 2000) ; Granier et Gauvin, (2000); Larose, Grenon et Palm, (2004) ; Karsenti, (2004) ; Gervais, (2000). Il est constitué de cinq étapes : un questionnaire ; une catégorisation ; une prise en main ; un test d’appropriation des TIC ; et la formation elle-même en modules.
Le plan de formation c’est l’ensemble des étapes et des activités à mener pour le bon déroulement d’une formation. Il sera ici question de présenter toutes les phases envisagées pour mettre en place et assurer une formation qui puisse avoir des retombées positives sur les enseignants, afin que ces derniers puissent être à même d’utiliser les TIC en classe sans préjugés. Il s’agit donc de déployer une stratégie de prise en main des enseignants.
1) Comment fonctionne le questionnaire ?
L’objectif est qu’à partir d’un formulaire, qu’il soit possible de déterminer dans quelle catégorie se retrouve l’enseignant-sujet. Le formulaire est constitué de vingt (20) questions ayant chacune cinq (5) propositions de réponse, chaque proposition correspondant à une catégorie. L’enseignant qui est soumis au questionnaire choisit la proposition qui semble le plus se rapprocher de sa considération. Au bout des vingt (20) questions, il aura forcément obtenu des résultats dans les catégories proposées. Il sera alors considéré comme appartenant à la catégorie ayant obtenu le plus de suffrages.
2) Pourquoi classer les enseignant en catégorie ?
Il est important de classer d’abord l’enseignant dans une catégorie précise avant de songer par après à sa formation, car de cette catégorisation dépend le conseil à lui prodiguer ou le discours à lui tenir pour l’inciter à vouloir utiliser les TIC. Les catégories en question selon sont : les réfractaires ; les craintifs ; les insécures ; les sceptiques ; les pionniers ou mordus.
3) Pourquoi une prise en main ?
La prise en main est le discours à tenir à une catégorie précise, visant à lever ses inquiétudes vis-à-vis des TIC. Elle est différente en fonction de la catégorie, et cela se justifie par le fait que les enseignants n’ont pas les mêmes appréhensions et ne rencontrent pas les mêmes difficultés dans le processus d’appropriation des TIC. Ce qui est du soit à la situation géographique de l’enseignant qui peut ne pas être propice à l’expansion des TIC ; soit aux difficultés financières pouvant entraver l’acquisition d’outils technologiques et du même coup leur appropriation ; soit encore à des raisons purement subjectives liées à l’enseignant lui-même qui éprouve des difficultés à s’approprier les TIC. De ce fait, il y aura donc une prise en main pour réfractaires, pour craintifs, pour insécures, pour sceptiques, pour pionniers.
Après la prise en main catégorielle, l’enseignant sera testé sur son degré d’utilisation effective des TIC,
4) Test d’appropriation des TIC
Cette étape est assez simple car il suffit à l’enseignant de dire à quoi lui servent les TIC actuellement.
A rien
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